• IL A RAISON MONSIEUR MACRON

      IL A RAISON MONSIEUR MACRON

      Je sais que je vais en surprendre plus d’une ou un, mais je l’affirme, péremptoire, il a raison monsieur Macron.

      Je ne surprendrais certes pas les visiteurs occasionnels de nos pages qui n’en connaissent ni l’esprit ni l’engagement. Mais les autres les lecteurs fidèles ou assidus, ceux qui nous rendent visite pour assouvir leurs attentes, vont s’esclaffer, quoi ! Macron, raison, dans cette période, dans ce contexte ? Patrick serait-il devenu fou ? Ou nous réserve-t-il une surprise ?

      Lisez plutôt.

      J’ai vu Emmanuel Macron dans les reportages télévisés ; « Les yeux battus, la mine triste et les joues blêmes, il ne dort plus, il n’est que l’ombre de lui-même »*. Il est parti en tournée au Tchad, peut-être pour se requinquer le moral parmi les « garçons ». Porte avion, théâtres d’opérations, il affectionne particulièrement ces ambiances viriles. pour délivrer ses messages aux Français. Craindrait-il, sans ces toiles de fonds martiales le déficit de testostérone dont paraitrait souffrir sa communication aux intentions autoritaires ?

      Il avait délivré le 12 décembre un message très officiel et déjà très martial, sur fond de drapeaux tricolores et les mains bien à plat sur le pupitre, dans lequel il ordonnait « le rétablissement prochain de l’ordre républicain », avec à la clé un prétendu virage social censé calmer les ardeurs des gilets-jaunes. Mais la rue n’a pas obtempéré, la fièvre sociale n’est pas retombée. Alors à défaut de convaincre et d’être obéi, il se raidit un peu d’avantage et délivre aux français, depuis le Tchad, un nouveau message de fermeté : « Le ministre de l’intérieur a suivi les choses tout au long de la journée et j’étais en contact avec lui ». Attention même de loin je vous ai à l’œil, parait-il vouloir dire. « Il est évident que les réponses y compris judiciaires, les plus sévères seront apportées. » Des menaces donc, non voilées, mais de qu’elle autorité réelle émanent-elles, de quelle autorité peut bien se prévaloir un Président de la république qui a perdu tout crédit et dont la légitimité est elle-même contestée ? Qu’elle crainte peut-inspirer la « statue » chancelante d’un dictateur aux pieds d’argile ?

      Or Emmanuel Macron poursuit : « C’est maintenant l’ordre, le calme et la concorde qui doivent régner. Notre pays a besoin de concorde, d’unité, d’un engagement sincères pour des causes collectives fortes. Et il faut apaiser les divisions. »

      Bien entendu. L’ordre, le calme et la concorde. Tous les Français paisibles préféreraient cela. Mais pour cela il faut une société, fraternelle, égalitaire et équitable « Un engagement sincère pour des causes collectives » ? Mais les seules que Macron est en mesure de proposer à la nation, c’est que les pauvres acceptent d’être saignés toujours d’avantage pour engraisser toujours plus les « gavés du capital et de la finance. Les « causes collectives » de Macron c’est la rentabilité des entreprises et les opulents dividendes servis aux actionnaires. Qu’elle concorde voulez-vous réaliser entre une poignée d’insatiables coquins qui accaparent le produit du travail d’autrui et font main basse sur les propriétés collectives de la nation et le vaste peuple des démunis qui ne parvient même plus à gagner sa vie en travaillant ?

      Ce peuple se redresse dignement, revendique ses droits élémentaires, et sous prétexte d’ordre vous voulez lui imposer celui du plus fort et la raison du plus riche, et à lui le seul droit de souffrir sa misère sans se plaindre.

      Un « ordre » et une « concorde » de ce genre existait hier quand le peuple anesthésié souffrait en silence sous le joug.
      Mais ce temps est révolu. Le peuple s’est réveillé. L’ordre et le concorde de la dictature du fric ne font plus recette. Il faut changer de « logiciel ». Monsieur Macron et ses équipes qui se croyaient jeunes et modernes et allaient révolutionner la vie politique, révèlent dans ce contexte historique ce qu’ils sont vraiment, du « vieux matériel humain obsolète et désuet. », dont il convient de changer rapidement.

      Le peuple se bat et est disposé à des sacrifices pour la défense de ses droits et de sa dignité, et il a entièrement raison. Mais son aspiration la plus profonde n’en n’est pas moins une société apaisée, le travail, la dignité, la fraternité et la liberté. Ainsi, l’ordre et la concorde pourraient régner à nouveau. C’est en cela qu’Emmanuel Macron a raison. A ceci près, qui lui a peut-être échappé, c’est qu’il est lui-même devenu le pire obstacle au rétablissement de ces conditions.

      L’ordre et la concorde, soit, il faut pour les restaurer, c’est la première et indispensable condition, que monsieur Macron disparaisse du paysage politique de la France.


      Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Lundi 24 décembre 2018.
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