• ANALYSE ET BILAN EXPLICATIF DE L’ACTE V DES GILETS JAUNES

      ANALYSE ET BILAN EXPLICATIF

      DE L’ACTE V DES GILETS JAUNES


      Selon les autorités gouvernementales et les médias à leur service, l’acte 5 de la mobilisation des Gilets-jaunes marquerait un net recul, moitié moins de participation, que l’acte précédent.

      Cette vérité (fausse) matraquée en boucle par toutes les bouches de la propagande officielle, a pour volonté, et aussi il faut bien le dire, un peu pour effet, d’atteindre le moral du mouvement. Moins, bien sûr, ceux qui sont actifs, qui se rencontrent, discutent, se rassurent les uns les autres quant à leur détermination, davantage ceux qui apportant un soutien passif, restent chez eux, ou dans leurs véhicules, « isolés » en tête à tête avec leurs menteurs électroniques de service.

      Car la première constatation qu’il convient de faire pour tirer le vrai bilan de cette journée du 15 décembre 2018, est bien entendu que les chiffres officiels sont entièrement faux. Certes il ne fait aucun doute, et nous ne tenterons pas de le nier, que la mobilisation du 5ème samedi a marqué le pas sur les semaines précédentes, que la participation s’est quelque peu tassée. Moitié moins de participation disent les officiers-menteurs ? Mais comment compter quand le bouclage policier éclate le mouvement et entrave les regroupements ? Moitié moins que quoi ? Que les chiffrages déjà tronqués des semaines précédentes ?

      Le 5ème acte a eu Lieu, il a démontré que le cinéma et les astuces grossières de Macron, bien que relayées par une kyrielle de valets obséquieux n’a trompé personne. Malgré le temps exécrable de ce jour (Exemple : gel et pluies verglaçantes en Touraine jusqu’à la mi-journée et pluie froide et drue tout l’après-midi) des centaines de milliers de Gilets-Jaunes, partout en France, ont crié leur haine de ce Président et leur volonté de le chasser du pouvoir. Cessez donc de nous mentir messieurs-dames, cessez de vous mentir à vous-mêmes, qu’elle que soit la participation exacte à ce 5ème samedi de manifestation, d’ailleurs à peu près impossible à chiffrer correctement, le fond de la vérité et là : la France du peuple est toujours debout contre la France des prétendues élites.

      Il y a eu toutefois, et nous avons dit que nous ne le nierions pas, un tassement probable de la participation. Non un reflux, non une marque de démoralisation ou de démobilisation, mais un flottement, un temps d’hésitation. En voilà à notre sens les véritables raisons apparentes.
      1) L’énorme dispositif policier et le bouclage de Paris
      2) La météo, exécrable à peu près partout en France.
      3) Les questionnements induits par le positionnement du RN qui par la voix de Marine Le Pen a dénoncé les violences émaillant les manifestations plus que le dispositif policier liberticide
      4) Les flottements par rapport à l’attitude à adopter face à la violence policière
      5) Les perspectives du mouvement (qui n’avance pas recule)
      6) En ce 5ème acte la revendication du RIC est devenue la revendication phare, jetant le trouble face à l’exigence de la démission de Macron qui est pourtant resté le slogan le plus unanimement repris par les manifestants.

      Le mouvement des « gilets-jaune » s’interroge, se cherche, fait une introspection. Il va trouver les réponses et repartir de l’avant.

      Le « RIC » ? Soit, c’est une bonne revendication, c’est l’exigence d’une démocratie populaire participative, donc d’autres institutions. Car le « RIC » tel que l’entendent les « gilets-jaunes » instrument de contrôle du pouvoir et des élus » et outil d’exercice de la souveraineté du peuple, est totalement incompatible avec la subsistance de la cinquième République dans laquelle la souveraineté nationale est entièrement déposée par l’élection du Président de la République au suffrage universel dans les mains d’un monarque élu.

      Alors, pour que les choses soient équilibrées, pour que la revendication du « RIC » soit cohérente, il faut qu’elle soit couplée et même précédée par celle de la démission ou la destitution de Président de la République, qui est le moyen d’ouvrir la voie à un changement de constitution.

      A défaut, le « RIC » ne serait qu’un cataplasme pour soigner un cancer. Un voile, un de plus, (l’Assemblée Nationale godillot ne sert déjà à rien) pour tenter de masquer le déficit démocratique de cette République autocratique.

      Avez-vous remarqué comment nos médias télévisés s’en sont fait l’écho, eux qui jusque -là s’efforçaient de jeter le trouble sur les revendications « des gilets-jaunes » jugées « disparates » et « contradictoires » ? Et n’avez-vous pas été étonné de l’empressement du Premier Ministre à « valider » cette revendication en déclarant dans un entretien avec le journal « Les Échos » qu’il allait ouvrir un débat sur le sujet.

      Je ne vois pas, a déclaré Édouard Philippe aux « Échos », comment on peut être contre son principe. Le référendum peut-être un bon instrument dans une démocratie. » . Bravo ! Mais il ajoute tout de suite : « mais pas sur n’importe quel sujet, ni dans n’importe quelles conditions. » Vous l’avez compris, le gouvernement va s’emparer de ce thème pour le travestir, le vider entièrement de ses potentialités transformatrices, tenter de « rouler le mouvement des Gilets-jaunes » dans le safran ».

      Le RIC, revendication légitime des Gilets-Jaunes est déjà devenu à ce stade le « joker » avec lequel le gouvernement va tenter de se « tirer d’épaisseur ».

      Les choses certes ne sont pas encore jouées, mais tel est le scénario qui s’annonce. On peut encore se prémunir en persistant à garder comme première et principale revendication la déposition d’Emmanuel Macron.


      Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Dimanche 16 décembre 2018.
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