• L’idéologie ordurière

      L’idéologie ordurière






      Voilà un article qui aura j’en suis sûr la faculté de mettre en rage tous les Français mobilisés ou qui soutiennent le mouvement des « gilets-jaunes, et peut-être même au-delà.

      Je l’ai découvert dans la rubrique « Le cercle/Point de vue » du journal patronal « les Echos ». Il est signé par Eric Gardner de Béville. Je le publie en annexe en intégralité. L’idée qui y est développé est typique de l’idéologie ordurière qui anime les cercles de la finance et du grand capitalisme international.

      Voyez plutôt : « Le sentiment de perte de pouvoir d’achat est l’un des sujets à l’origine de la tempête sociale qui traverse aujourd’hui notre pays. Les « gilets jaunes » en réclament d’avantage.
      Pourtant le pouvoir d’achat n’est pas un droit.
      »

      Vous constatez tout d’abord que selon l’auteur de l’article « la perte de pouvoir d’achat relève « du sentiment » et non de la réalité factuelle. Eh oui, se monsieur n’est sans doute pas concerné. Il parle de choses dont il a entendu parler.

      L’auteur de l’article se fonde pour émettre une sentence aussi ignominieuse, sur la « déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, qui ne mentionne pas « le pouvoir d’achat » alors « qu’elle aurait pu l’inclure dit-il puisque le peuple avait fait la révolution pour avoir du pain ».

      La déclaration des droits de l’homme n’a jamais énoncé non plus un quelconque droit « au mariage pour tous » pourtant on l’a fait, et bien d’autres choses encore que celle-ci n’avait pas expressément stipulé.

      Le pouvoir d’achat il est vrai ne relève pas de la « déclaration des droits de l’Homme » il relève du contrat social, du « contrat » en général et du « contrat de travail » en particulier. « Le contrat de travail est un type de contrat par lequel une personne (l’employé) s’engage à effectuer un travail pour un autre (l’employeur) moyennant une rémunération. ». (Wikipédia) Or, la rémunération requise du salarié doit permettre à celui-ci de vivre décemment du salaire que lui vaut son travail, bien que « ce détail » ne soit mentionné nulle part.

      Si le système qui s’est emparé de tous les leviers économiques, qui conteste au « collectif » ou à l’État le droit d’organiser le travail et prétend que cette fonction est le privilège exclusif de l’initiative privée, n’est pas capable de fournir assez de travail pour tous, il est normal qu’il assure tout de même à tous le droit de vivre décemment. Et s’il ne le peut ou ne le veut pas, alors il faut qu’il laisse la place à une gestion collective de l’économie dans laquelle la satisfaction des besoins de tous primera sur l’accumulation des profits par quelques-uns.

      Dans « le Manifeste du Parti communiste », ce célèbre petit opuscule édité en 1848, Karl Marx et Friedrich Engels écrivaient : « Il est manifeste que la bourgeoisie est incapable de remplir plus longtemps son rôle de classe dirigeante et d’imposer à la société, comme loi suprême, les conditions d’existence de sa classe. Elle ne peut plus régner, parce qu’elle est incapable d’assurer l’existence de son esclave dans le cadre de son esclavage, parce qu’elle est obligé de le laisser déchoir au point de devoir le nourrir au lieu de se faire nourrir par lui. »

      Nous y sommes depuis fort longtemps. Le système capitaliste libéral n’est pas capable de nourrir tous ses esclaves. Et plutôt que tirer honteusement la révérence il s’enquiert de défendre « son droit à faire crever le peuple de misère » au nom de l’autorité usurpée de la déclaration des droits de l’Homme. Le droit d’homme qu’en l’occurrence nous reconnait monsieur Eric Gardner de Béville, c’est celui de crever de faim et de misère ».

      C’est cette incapacité historique du système que monsieur Eric Gardner de Béville s’efforce de justifier. Pour le dire en raccourci il affirme, « vous n’arrivez pas à vivre, le système n’est pas tenu d’assurer votre subsistance »

      A quoi nous répondons : « le système n’est pas tenu d’assurer notre subsistance, soit. Nous ne sommes pas tenus de tolérer l’existence de ce système plus longtemps.

      Comme vous voyez nous atteignons avec cet article les sommets du cynisme et de l’ignominie patronale. Non, il n’y a pas que Macron qui est arrogant méprisant et injurieux à l’égard des gens modestes, du peuple qui trime, ou pas, qui souffre et qui geint. C’est en vérité une disposition comportementale de la classe dont Macron n’est que le digne représentant.

      Il est grand temps que le peuple insurgé leur fasse rendre gorge.

      Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr » Vendredi 14 décembre 2018.



      ANNEXE :

      LE CERCLE/POINT DE VUE - La propagation ces dernières années de l'idée d'un « droit de pouvoir d'achat » en France est le fruit d'une dérive progressive de la valeur du travail.

      Dans son allocution aux Français le 10 décembre, le Président Macron a bien sûr évoqué le sujet du pouvoir d'achat. Le sentiment de perte de pouvoir d'achat est l'un des sujets à l'origine de la tempête sociale qui traverse aujourd'hui notre pays.Les « gilets jaunes » en réclament davantage.

      Pourtant, le pouvoir d'achat n'est pas un droit. La Déclaration française des droits de l'Homme et du citoyen de 1789 est le texte sur lequel sont fondés tous les droits dont jouissent les Français aujourd'hui. Il précise que les hommes et les femmes « naissent et demeurent libres et égaux en droits » et ajoute que les « droits naturels et imprescriptibles » sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l'oppression.

      Le texte ne mentionne pas le pouvoir d'achat et pourtant les rédacteurs de la Déclaration auraient pu l'inclure puisque le peuple français avait fait la Révolution non seulement pour lutter contre les privilèges de la noblesse et du clergé, mais aussi et surtout pour avoir du pain.

      Un minimum pour tous ?

      Le pouvoir d'achat ne doit pas être un droit. Cela supposerait qu'il y ait un minimum auquel toute personne aurait droit. Cela voudrait dire que toute personne devrait avoir le droit d'acheter un minimum, avoir une garantie d'un minimum au niveau des achats.

      Or cela n'est pas un droit dans notre système politique démocratique. Nous ne vivons pas dans un kibboutz, ni dans un régime où les citoyens auraient tous les droits et que des droits, sans devoirs. Notre système politique et notre mode de vie sont au contraire un équilibre entre droits et devoirs.

      Nous avons le droit à la liberté, mais le devoir de respecter celle des autres. Nous avons le droit de manifester et de faire grève, mais le devoir de ne pas détruire la propriété des autres, ni d'abuser de la grève. Nous avons le droit de demander une baisse des taxes et impôts, mais le devoir de ne pas utiliser la violence pour y parvenir.

      Valeur travail
      La propagation ces dernières années de l'idée d'un droit de pouvoir d'achat en France est le fruit d'une dérive progressive de la valeur du travail. Ce n'est plus le travail qui permet d'avoir un pouvoir d'achat, mais c'est au gouvernement de le garantir. Or qui dit gouvernement, dit contribuable, ce qui veut donc dire que c'est aux contribuables de garantir un pouvoir d'achat à ceux qui n'en ont pas ou qui considèrent qu'ils n'en ont pas assez.

      C'est donc à ceux qui travaillent de garantir un pouvoir d'achat à ceux qui ne travaillent pas ou pas assez. Cela supposerait une nouvelle charge, une nouvelle taxe ou un nouvel impôt. Or, c'est aller à l'encontre de ce que demandent les « gilets jaunes » qui luttent contre l'excès de taxes et impôts.

      Pour bien comprendre il faut se souvenir que l'idée de pouvoir d'achat minimum ou garanti est née en France du débat sur les relations entre fournisseurs et distributeurs, et que la victime de ces relations est soi-disant le consommateur.
      Selon la théorie, il faut donc protéger le consommateur par une garantie d'un pouvoir d'achat. Or, il ne saurait y avoir de garantie en la matière. Les fournisseurs et distributeurs n'ont pas de devoir de garantir un pouvoir d'achat et les consommateurs n'ont pas de droit à un pouvoir d'achat. Les lois sont faites pour que les fournisseurs respectent les règles d'une concurrence loyale et une transparence tarifaire. Voilà où se situe le droit du consommateur, mais pas au-delà et surtout pas au niveau d'un droit de pouvoir d'achat.

      Eric Gardner de Béville est membre du Cercle Montesquieu.



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