• MARINE DE COUCHE

      MARINE SE COUCHE

      Dans notre article : « OU VA MARINE LE PEN ? » Publié dimanche 9 décembre nous nous interrogions sur les intentions réelles et la stratégie de la présidente du « RN ». Or celle-ci est intervenue maintes fois pour souhaiter la dissolution de l’Assemblée Nationale confirmant par là ce que nous avons subodoré, qu’elle pourrait s’accommoder d’un tel scénario. Celui-ci assorti de la promesse d’introduction d’une forte dose de proportionnelle, ouvrirait en effet au R.N. la perspective de devenir le premier parti parlementaire de France et à Marine Le Pen celle d’une possible victoire aux présidentielles de 2022.

      Or, ce soir même, interviewée dans le journal de 20 heures de « France 2 » Marine Le Pen a lâché le morceau : « La révolution a-t-elle dit, il faut la faire dans les urnes ». Rappelant par cette formule à ceux qui l’avaient oublié qu’elle est tout de même issue d’une famille politique défenderesse de « l’ordre républicain » et traditionnellement ennemie de la Révolution.

      Coluche avait dit que « si voter servaient à quelque chose il y a longtemps que les élections seraient interdites. » Alors la « Révolution » par les urnes, tu parles ! Comment peut-on quand on est sain d’esprit énoncer de telles âneries.

      Non ! On ne fait pas la révolution dans les Urnes, Tout juste peut-on changer un homme par un autre, voire un homme par une femme. Mais pour faire toujours la même politique des riches contre les pauvres.

      C’est cela nous l’avions suggéré, Marine Le Pen se verrait bien Califee à la place du Calife. Et cette « révolution »-là suffit amplement à flatter son égo. Pour flatter son électorat elle ferait alors adopter par le congrès (Réunion des deux chambres réunies à Versailles) une réforme institutionnelle instaurant une assemblée populaire figurative* et une loi sur le « référendum d’initiatives populaire ». Et elle serait alors pour un mandat au moins, la première femme Présidente d’une grande puissance économique et nucléaire occidentale et le 9ème Président d’une 5ème République replâtrée.

      Marine Le Pen milite, il faut en convenir, pour « Le changement dans la continuité », ou l’inverse, pour « la Révolution dans l’ordre » bourgeois. Pour « la trahison dans la douceur » de l’espérance populaire et de la frange de son électorat engagée dans le mouvement des « gilets-jaunes », qui rêvent d’une nouvelle République populaire et démocratique, avec des élus sur mandat impératif et révocables sous le contrôle d’une assemblée populaire souveraine. Une refonte institutionnelle en quelque sorte. Une révolution quoi. Vraie, pas des urnes, mais de la rue et des ronds-points.

      Hier soir, Mardi 9 décembre, Marine Le Pen a tenté de souffler la chandelle de l’espérance populaire fièrement rallumée après 35 années de trahisons et d’humiliations continues des classes populaires « par les élites de la Nation ». Elle paraissait fatiguée, inquiète, peut-être tourmentée par sa mauvaise conscience.

      Pourquoi ? Pourquoi a-t-elle fait cela, quel « deal » secret a-t-elle passé avec Emmanuel Macron ?

      - La promesse d’une dissolution de l’Assemblée Nationale dans 2 ou 3 mois, lorsqu’elle l’aurait aidé à rétablir l’ordre et à renvoyer les « gilets-jaunes » dans leurs foyers, assortie de nouvelles élections parlementaires avec une forte dose de proportionnelle, en Mai ou juin 2019 ?

      - Ou bien même pourquoi pas, la promesse de la démission du Président de la République après les élections européennes de début 2019 si les résultats de celles-ci sonnent pour lui comme un désaveu ?

      Hier soir, Mardi 9 décembre, Marine Le Pen a tenté de souffler la chandelle de l’espérance populaire Mais a-t-elle réussi ? Rien n’est moins sûr. Certes sous le souffle mauvais des « entourloupes » de Macron, des manipulations d’opinion des sondages, des mensonges de la propagande médiatique et du concours empressé de Marine Le Pen, il ne serait guère étonnant que la petite flamme vacille un peu. Mais attention le souffle qui ne parvient pas à éteindre la flamme peut au contraire l’activer et mettre le feu à la prairie.

      Nous l’avons écrit dans notre article du dimanche 9, « Cette semaine après « le crachat à la Nation » d’Emmanuel Macron sera décisive. »

      Marine Le Pen a donné de sa personne pour « finir » la mobilisation. Mais si cette dernière persiste, si, foin de faiblir le mouvement se renforce et se durcit, alors je ne lui donne que quelque jours pour qu’elle se décide de courir devant le mouvement de l’Histoire en marche, de crainte qu’il ne l’annule ou ne l’écrase.



      Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Mercredi 12 décembre 2018.
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