• TOUS ENSEMBLE

      TOUS ENSEMBLE

      Tu es chômeur Tu es donc un travailleur privé d’emploi par ceux-là même qui s’annoncent à grand bruit comme les défenseurs de « la liberté du travail ». Or, pas assez d’être ainsi sans travail et sans salaire tu es de plus humilié quand on te mets en demeure de chercher un emploi qui n’existe pas vu que les responsables politiques et économiques de ce pays s’acharnent depuis des décennies à en détruire ou « délocaliser » toujours plus. Mais sais-tu pourquoi ils s’ingénient ainsi à culpabiliser les chômeurs. Pour masquer leur infamie et leur propre responsabilité. Crois-tu vraiment que le chômage est une calamité sociale inévitable ? Pas le moins du monde, c’est une volonté délibérée, c’est une politique voulu pour écraser les salaires et réduire les salariés au silence. Le chômage est en quelque sorte un instrument de cette fameuse rentabilité des entreprises, tant prisée des décideurs, car il permet de maintenir les salaires bas et ainsi d’accroître la part du profit capitaliste.

      Tu es jeune et tu devras entrer bientôt dans la vie active. L’anxiété s’empare de toi voyant tes ainés qui galère déjà alors que chaque semaines des milliers d’emplois sont détruits et que ce que l’on te promet pour ta félicité est d’en détruire très prochainement encore des dizaines voire des centaines de milliers dans l’administration, le secteur bancaire etc. Qu’elle sera ta place dans cette société ? Tu n’es sûr de rien. Vivras-tu une existence médiocre faites d’incertitudes et d’angoisses sans jamais pouvoir te reposer sur la l’assurance du lendemain. Chômage de masse et précarité généralisée, voilà les perspectives que te promet la société capitaliste libérale. Et sais-tu pourquoi ? Parce que les salariés ainsi fragilisés sont plus dociles et acceptes de travailler pour des salaires de plus en plus étriqués. L’avenir que te prépare le « libéralisme économique » c’est celui qui convient aux objectifs de « rentabilité accrue des entreprises. A force de chômage et de précarité ils souhaitent briser ta volonté afin que tu acceptes les conditions de vie indignes qu’ils te concoctent.

      Tu es enseignant laïque, attaché aux valeurs républicaines, à l’école de la nation, et tu as compris qu’après la privatisation larvée du secteur de l’enseignement viendra le temps du passage en grand à la moulinette libérale. Comment croirais-tu, sauf à être aveugle et sourd, qu’après avoir liquidé les statuts de la Poste, de l’EDF, de la Fonction Publique, ils laisseraient subsister le seul « statut des enseignants ? Notre pays est déjà doté d’une école à deux vitesses. Celle des riches qui confient leurs enfants à des institutions privées, religieuses ou non, celle du peuple qui les confie à l’enseignement public. Il en va de même dans l’enseignement secondaire ou de plus en plus de « grandes écoles, très cher payantes, forment les jeunes des couches supérieures de la société en marge du système universitaire traditionnel. Car c’est ça aussi la rentabilité des entreprises : réduire les coûts de la formation des jeunes, car celui-ci, d’une manière ou d’une autre est imputable sur la richesse générale produite par l’activité économique et que réduire ce poste de dépense c’est aussi accroitre la part du profit capitaliste.

      Tu es étudiant et tu voudrais aborder l’à venir avec plaisir et optimisme en cherchant ta voie et ton développement personnel selon tes goûts et tes aptitudes. Mais tu as compris que l’enseignement universitaire es conçu par les gouvernants comme un simple auxiliaire de « l’économie » chargé de « produire » au capitalisme libéral, seulement les cadres dont il a besoin. Comme il vient d’être dit pour le système scolaire en général, il convient du point de vue de « la rentabilité » de réduire les coûts de l’enseignement supérieur, en multipliant les cursus courts chaque fois que c’est possible, en sortant de l’université, avant même qu’ils y accèdent, les étudiants en surnombre dont le système n’a pas besoin pour recruter le contingent des cadres utile à son fonctionnement.

      Tu es médecin, infirmière ou personnel hospitalier et tu es outré que la santé publique puisse être considéré comme un secteur économique comme les autres, soumis aux lois de la concurrence et de la rentabilité et à ce titre chargé, moins de soigner tes contemporains que de générer du profit. Profit que tu dois payer en acceptant de travailler pour un salaire inapproprié, par ta surcharge de travail et ton stress. C’est qu’il ne suffit pas de réduire les contributions sociales il faut réduire aussi des dépenses de santé. La recherche de la « rentabilité optimum » des entreprises passe également par-là, il ne suffit pas de réduire les salaires directs, c’est tout le revenu salarial, donc les cotisations sociales, santé et retraites, qu’il faut amputer pour accroitre la part du capital, les dividendes des actionnaires.

      Tu es retraité et tu es insulté, ayant travaillé ta vie entière, quand ils osent affirmer, les bougres, que ru es « privilégié » parce que tu perçois une pension un peu plus élevée que la moyenne, et qu’ils s’emploient, non à améliorer le niveau général mais à abaisser la majorité de la population au niveau plancher qui es celui de la misère et de l’assistanat. Une maison de retraite coûte 2200 à 2400 euros. Aucun petit retraité ne peut se l’offrir avec ses seuls deniers. Tant bien qu’il est réduit dans ses vieux jours, après une vie de labeur et de dignité, à l’état infamant d’assisté. La décence sociale ne devrait-elle pas exiger que le niveau des retraites soit suffisant pour couvrir les besoins des anciens sans recourir aux expédients de l’assistanat et de la charité publique ? Pourquoi cela n’est-il pas le cas ? Parce qu’il manque de l’argent pour payer les retraites ? Que nenni ! Mais parce qu’ils veulent réduire le niveau de celles-ci pour accroitre la rentabilité des entreprises, c’est-à-dire l’accumulation de la fortune par quelques-uns.

      Tu es ouvrier ou salarié. Et avec des millions de tes frères sans emplois qui poussent aux portillons des entreprises tu crains de rejoindre un jour ou l’autre cette immense cohorte et de choir de ta condition de nécessité dans celle de « nécessiteux ». Or, pour rendre ta situation plus précaire, plus instable encore, pour accroitre ton angoisse sociale afin que de surnager tu acceptes de travailler à n’importe qu’elle conditions, ils viennent de liquider les dispositions essentielles du Code du Travail pour faire de chaque salarié un « employé jetable ». Pourquoi cela ? Pour peser toujours plus fort sur les salaires, accroitre en diminuant ceux-ci « la rentabilité des entreprises » c’est-à-dire le revenu des riches.

      Tu es agriculteur. Et tu dois travailler pour dégager un revenu négligeable, voire à perte quelque fois. Cependant la grande distribution dicte sa loi, achète (ou n’achète pas) tes productions pour un prix dérisoire, te mets en concurrence avec le monde entier. C’est que ce n’est pas tout de réduire les salaires pour accroitre la rentabilité capitaliste des entreprises, il faut faire chuter le coût des denrées de consommation générales et populaires afin que les salariés appauvris puissent « bouffer » tout de même. Si bien que c’est cette fameuse course à la rentabilité qui t’accule à ce choix sinistre de te « suicider » ou de crever lentement. L’agriculture familiale et traditionnelle meurt remplacée par une agriculture industrielle, sous serres, hors sol, des volailles confinées dans des hangars par centaines de milliers, des porcs torturés sur des caillebotis, des fermes à milles vaches et des veaux élevés au carcan. Tel est l’à venir radieux de l’agriculture « libérale ».

      Tu es commerçant. Et tu te désole de la nécrose qui s’est emparé de nos villages et de nos centre-ville, autrefois si chaleureux, au profit de « Zones » commerciales infâmes et déshumanisées à la périphérie de nos agglomérations. C’est une loi de l’accumulation capitaliste qui est un fondement du « libéralisme débridé » de s’emparer de tous les secteurs de l’économie pour les transformer en source de profit capitaliste. C’est une loi du libéralisme économique de faire par la concentration capitalistes baisser les coûts de production et de distribution des marchandises de première nécessité afin de pouvoir réduire le niveaux des salaires et accroitre ainsi la productivité et le profit capitaliste.

      Tu es membre d’une profession libérale Et tu as constaté que l’action de nos gouvernements, (Macron alors Ministre des finances c’est particulièrement illustré en cela), pour rendre, comme ils disent, du pouvoir d’achat aux Français, opte pour la solution de facilité qui consiste à prendre dans ta poche en rognant le niveau de tes prestations. Cela afin d’éviter d’agir pour un partage plus équitable de la richesse entre capital et travail qui irait à l’encontre de son orientation fondamentale d’accroitre la rentabilité du capital et les dividendes des actionnaires.

      LA RENTABILITÉ, LE CREDO DU LIBÉRALISME.

      Ce que les pouvoirs publics, les très savants « économistes » apologistes du capitalisme libéral, entendent par amélioration de la rentabilité des entreprises n’est rien moins qu’un partage de la richesse produite, de plus en plus favorable au capital et de plus en plus défavorables aux salariés et couches populaires mais aussi à l’ensemble de la société active. Dévaloriser le travail pour valoriser la rente. N’avez-vous pas remarqué que dans le contexte de crise qui nous environne depuis plusieurs années, les seuls secteurs économiques qui progressent, souvent de façon spectaculaire, sont ceux de la mode et du luxe ? Comment cela se peut-il La logique voudrait quand les difficultés augmentent que l’on diminue au contraire les dépenses somptuaires. Mais en l’occurrence ce ne sont pas les mêmes qui souffrent et qui achètent le luxe. Ceux qui souffrent sont de moins en moins à l’aise et foin de produits de luxes ils ont à peine de quoi s’offrir le nécessaire. Ce sont les autres, ceux dont les revenus capitalistes s’accroissent autant que se réduit le revenu des pauvres, qui dépensent sans compter et font gonfler le chiffre d’affaire des industries du luxe. Vous avez-là l’illustration insoutenable de ce à quoi sert à payer la misère qu’on vous impose.

      LA PRIVATISATION DE L’ÉTAT.

      Les choses sont allées si loin aujourd’hui que le capitalisme libéral avide se sent pousser des ailes ne se connait plus de limites. L’eau ressource naturelle en partage de l’Humanité, aussi indispensable que l’air que l’on respire a été accaparée en propriété propre par une multinationale tentaculaire. A quand la gestion de l’Air par une société privée chargée de veiller à sa qualité et à cet effet en charge de prélever sur chaque individu une taxe en fonction des capacités de sa cage thoracique ? ’Les autoroutes, c’est à dire l’espace public lui-même, ont été privatisés et le libre droits de circulation et de stationnement devenu payant et cédé comme source de revenu à des sociétés privées. On a entendu à plusieurs reprises déjà évoqué la possibilité de vendre le système carcéral à des sociétés capitalistes, plusieurs pouvoirs de polices comme celui de « verbaliser » sont aussi de plus en plus cédé à des sociétés privées et soumis au critère de rentabilité. Il existe déjà dans nos sociétés occidentales des sociétés privées de mercenaires qui louent leurs services et remplacent les armées des Etats sur les théâtres d’opération. Ce sont ainsi les États, et cela même que l’on appelle les fonctions régaliennes de l’Etat, qui se transforment en « Sociétés capitalistes privées » Cette évolution annule le principe républicain et nous précipite dans un système de féodalité capitaliste.

      TOUS ENSEMBLE.

      Vous ne voulez pas de cette sinistre perspective ? Vous ne voulez pas de cette dérive. Vous voulez mettre un coup d’arrêt à la progression du cancer libéral qui métastase toute la société ? Une chance-vous est donné d’y parvenir encore :

      En enclenchant la lutte contre la privatisation du service public ferroviaire et la liquidation de leur statut, c’est bien plus que la défense de leurs propres intérêts que les cheminots ont entrepris. Nonobstant la conscience qu’ils ont eux-mêmes de leur propre lutte et de sa signification Historique, ils ouvrent la voie à une mobilisation qui en vérité nous concerne tous.

      Alors, Chômeurs, jeunes, enseignants, étudiants, Médecins, infirmières, personnels hospitaliers, retraités, salariés, agriculteurs, commerçants, professions libérales, n’hésitez plus, serrez les rangs autour des cheminots en lutte, dressez-vous aussi par maints moyens de solidarité active ou morales, joignez-vous par la manifestation l’action et la grève à la lutte générale pour en finir avec la barbarie de l’ultra libéralisme.



      Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Jeudi 5 avril 2018.
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